samedi 14 février 2009

Des biocarburants à bilans carbone négatifs: 1-La leçon des anciens aborigènes d'Amazonie

Illustration – Micrographie d’un morceau de charbon de bois (biochar) montrant son extrême porosité, les petites faisant environ 1/100 de millimètre. C'est un milieu idéal pour retenir l'eau, les nutriments et les microorganismes, d'où l'augmentation de la fertilité des sols. (Source : Best Energies)

Depuis une dizaine d’années, les agronomes et environnementalistes s’intéressent de plus en plus à la Terra preta d’Amazonie, une terre noire extrêmement fertile qui résulte des pratiques agricoles étonnantes des anciens aborigènes.

Leur secret relevait du charbon de bois qu’ils enfouissaient dans le sol, d’où son nom Terra preta, en portugais. L’aspect poreux du charbon de bois, aussi appelé biochar, aide à retenir les nutriments, l’eau et les microorganismes. Ces particularités facilitent la croissance des plantes, et diminuent le besoin d’engrais tout en réduisant de plus de 50% l’émission de protoxyde d’azote, un gaz 300 fois plus actif pour le réchauffement planétaire que le CO2.

Pour produire le biochar, on utilise un procédé de décomposition thermique de la biomasse appelé pyrolyse, qui consiste à chauffer du bois ou des résidus végétaux dans une enceinte, en y raréfiant le plus possible l’oxygène. Il se dégage alors des gaz combustibles contenant, entre autres, de l’hydrogène et du méthane, qui sont utilisés en partie pour produire la chaleur requise par le procédé. Il se forme également, après traitement et refroidissement, une bio-huile, capable de remplacer le mazout pour le chauffage. On peut également transformer cette bio-huile en biocarburants plus adaptés aux transports, comme le diesel et l’essence synthétiques, où encore l’éthanol. On obtient alors des biocarburants de deuxième génération.


Maintenant, lorsqu’on enfouit le biochar, en plus de fertiliser les terres, on séquestre dans le sol le CO2 de l’atmosphère qui avait été absorbé par les plantes. On contribue ainsi à retirer des gaz à effet de serre, un bonus particulièrement recherché ces temps-ci!. La combinaison biochar enfoui et production de biocarburants confère donc à ces biocarburants un bilan carbone négatif, ce qui est encore mieux qu’un bilan neutre. Le Professeur Lehmann de l’Université Cornell estime qu’en mettant en place ces pratiques à grande échelle, on pourrait à la fois produire des biocarburants et retirer annuellement 9,5 milliards de tonnes de carbone de l’atmosphère d’ici 2100. C’est plus que ce qu’on émet aujourd’hui en brûlant des carburants fossiles à l’échelle de la planète!

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site francophone Terra preta , et le site anglophone The International Biochar Initiative (IBI), où l’on retrouve l’illustration du procédé de pyrolyse plus haut. Par ailleurs, le vidéo suivant est un excellent documentaire sur le sujet.


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